RAPPEL

Serviteurs d'Allah ! Il n'y a pas de guérison pour les maladies des c½urs, si ce n'est avec les remèdes qu'Allah a révélés dans Son Livre et dans la Sounnah de Son Prophète Prière et salut d'Allah sur lui. Allah a dit :

يَا أَيُّهَا النَّاسُ قَدْ جَاءتْكُم مَّوْعِظَةٌ مِّن رَّبِّكُمْ وَشِفَاء لِّمَا فِي الصُّدُورِ

Traduction relative et approchée : « Ô gens ! Une exhortation vous est venue de votre Seigneur et une guérison de ce qui est dans les poitrines » S10 V57

Et Allah a dit :

وَنُنَزِّلُ مِنَ الْقُرْآنِ مَا هُوَ شِفَاء وَرَحْمَةٌ لِّلْمُؤْمِنِينَ

Traduction relative et approchée : « Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants » S17 V82

Et Il a dit :

قُلْ هُوَ لِلَّذِينَ آمَنُوا هُدًى وَشِفَاء

Traduction relative et approchée : « Dis : Pour ceux qui croient, Il est une guidée et une guérison »

S41 V44

Suivez le Livre d'Allah, (appliquez vous-y) ! Ainsi que la Sounnah de Son envoyé pour guérir vos c½urs. Il y a en eux la guérison et la miséricorde, la lumière et la guidée, l'âme et la vie, ainsi que la préservation contre le diable et ses tentations. Et que chacun de nous préserve son âme et l'éloigne des sujets de la tentation (fitna) et lui coupe tous les chemins vers le mal.

Tout comme il vous faut aussi éloigner vos enfants et vos maisons des chemins vers le mal et de ce qui appelle à la perversion, si vous souhaitez la guérison de vos c½urs et le bien pour votre société et répétez souvent cette invocation que répétait souvent le Prophète Prière et salut d'Allah sur lui:

« Oh Toi qui détournes les c½urs !
Raffermis mon c½ur sur ton obéissance ».

Je cherche refuge auprès d'Allah contre Chaïtan, le lapidé.

وَكَذَلِكَ أَوْحَيْنَا إِلَيْكَ رُوحًا مِّنْ أَمْرِنَا مَا كُنتَ تَدْرِي مَا الْكِتَابُ

وَلا الإِيمَانُ وَلَكِن جَعَلْنَاهُ نُورًا نَّهْدِي بِهِ مَنْ نَّشَاء مِنْ عِبَادِنَا

وَإِنَّكَ لَتَهْدِي إِلَى صِرَاطٍ مُّسْتَقِيمٍ

صِرَاطِ اللَّهِ الَّذِي لَهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ

أَلا إِلَى اللَّهِ تَصِيرُ الأمُورُ

Traduction relative et approchée : « Et c'est ainsi que Nous t'avons révélé un esprit provenant de Notre ordre. Tu n'avais aucune connaissance du Livre ni de la foi mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Et en vérité tu guides vers un chemin droit, le chemin d'Allah à qui appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre. Oui, c'est à Allah que s'acheminent toutes les choses » S42 V52 & 53.


Sheikh salih ibn fawazan ibn 'abdillah el fawzan hafidaouAllah

# Posté le dimanche 12 octobre 2008 07:02

Révélation Mecquoise et Médinoise

Le Noble Coran est le Livre éternel de l'Islam. Il constitue l'âme de la da`wah [1] islamique, la source motrice de sa doctrine, son lexique et le registre de son mouvement. Dieu - Exalté Soit-Il - accorda à Ses Prophètes des miracles en adéquation avec leur époque afin d'appuyer leur Message. Il donna à Moïse un bâton qui se transforma en un énorme serpent avalant les cordes des magiciens. De même, lorsqu'il mit sa main sur son côté puis la ressortit, elle était d'une blancheur éclatante, plus éblouissante que le soleil. Les Egyptiens avaient en effet excellé en magie et Moïse vint avec un miracle qui surpassait leur magie.
Quand Moïse vint et lança son bâton,
Magie et magiciens furent subjugués

Jésus fut envoyé à une époque marquée par des progrès médicaux et des avancements dans le développement des remèdes. Dieu lui accorda alors des miracles dans ces mêmes domaines si bien qu'il put guérir l'aveugle-né et le lépreux, et ressuscita les morts, par la permission d'Allâh.

Muhammad, quant à lui, fut envoyé dans les terres des arabes, au milieu de personnes illettrées, excellant dans l'éloquence et les belles paroles, versifiées ou en prose. D'ailleurs, des rencontres culturelles et littéraires annuelles réunissaient, dans le marché de `Uqâdh, les poètes afin qu'ils exposassent au grand public leur production intellectuelle et littéraire. Lorsqu'un poème leur plaisait, ils le suspendaient à la Ka`bah pour l'inscrire dans la postérité et pour témoigner de leur fièreté.

Les arabes avaient coutume d'user de la prose rimée, de parler par phrases rythmées et donnaient beaucoup d'importance à la rhétorique. Ils jouaient sur la corde de l'émotion, employaient des procédés linguistiques et variaient leurs expressions, afin de séduire leur audience et l'éveiller.

La révélation mecquoise s'adressa à ces Arabes. C'est la Parole de l'Audient, du Voyant, du Compatissant, le Parfaitement Connaisseur, qui créa l'homme et qui sait, mieux que quiconque, ce que l'âme de l'homme lui suggère. C'est ainsi que Dieu révéla le Coran, au paroxysme de l'éloquence. Plus encore, le Coran atteignit dans ce domaine un degré inaccessible, un rang hors concurrence.

Quand les Arabes adressèrent à Muhammad toutes sortes d'accusations mensongères et racontèrent à son sujet bon nombre d'histoires - ils dirent tour à tour qu'il était magicien, poète, devin et qu'il inventait des légendes - le Noble Coran les défia de produire un Livre semblable au Coran, ou d'inventer dix sourates comme celles du Coran, ou même une seule ! Puis le Coran inscrivit dans l'éternité leur incapacité à faire cela et déclara ce défi, pour eux et les autres : "Dis : ‹Même si les hommes et les djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s'ils se soutenaient les un les autres›" [2].
La Révélation Mecquoise

Les premières révélations du Coran furent faites au Prophète alors qu'il était à la Mecque Honorée. La révélation se poursuivit dans cette ville pendant treize ans, appelant les gens à embrasser la foi en Dieu et à vouer un monothéisme pur au Créateur. Le Noble Coran lutta contre l'adoration des idoles et des statues, rappela aux gens la Résurrection et le Jugement, projeta des images du retentissement de la Trompe [3], l'exode à partir des tombes, la distribution des registres des oeuvres, la pesée des oeuvres, le passage sur le Sirât, l'entrée des pieux au Paradis et la chute des mécréants en Enfer.

Par ailleurs, le Coran détailla la description du Paradis et de ses délices : les fleuves qui y coulent, ses fruits à portée de mains, les houris aux yeux magnifiques [4] , et des éphèbes éternellement jeunes [5].

Le Coran décrit également l'Enfer et ses divers châtiments et tourments. Ses habitants auront le visage noirci ; leurs visages seront tournés dans le Feu, ils mangeront du darî` et du zaqqûm, ils boiront une eau bouillante telle le métal en fusion, brûlant le visage. Dieu - Exalté Soit-Il - ne les regardera pas, Il ne leur parlera point, et ils auront un douloureux châtiment.

Les sourates mecquoises et médinoises

Par convention, les savants qualifient de mecquois le Coran révélé avant l'hégire et de médinois ce qui en fut révélé après l'hégire, en référence aux villes de la Mecque et de Medine. Les sourates mecquoises représentent environ 19/30ème du Coran alors que les sourates médinoises représentent 11/30ème, sur un total de 114 sourates. Quatre-vingt-deux sont mecquoises à l'unanimité, vingt sont médinoises à l'unanimité et douze sourates font l'objet de divergences quant à leur caractère mecquois ou médinois.

Les vingt sourates médinoises sont : Al-Baqarah, Âl `Imrân, An-Nisâ', Al-Mâ'idah, Al-Anfâl, At-Tawbah, An-Nour, Al-Ahzâb, Muhammad, Al-Fath, Al-Hujurât, Al-Hadîd, Al-Mujâdalah, Al-Hashr, Al-Mumtahanah, Al-Jumu`ah, Al-Munâfiqûn, At-Talâq, At-Tahrîm et An-Nasr.

Les sourates qui font l'objet de divergence sont : Al-Fâtihah, Ar-Ra`d, Ar-Rahmân, As-Saff, At-Taghâbun, At-Tatfîf, Al-Qadr, Lam Yakun [6], Idhâ Zulzilat [7], Al-Ikhlâs et les deux sourates préservatrices.

Les quatre-vingt-deux sourates restantes sont consensuellement mecquoises.

Un registre pour chaque sourate

Lorsque nous prenons connaissance des caractéristiques de chacune des cent quatorze sourates du Coran, la date de leur révélation ainsi que l'ordre dans lequel elles furent révélées, nous mesurons l'effort colossal fourni par les savants devanciers pour préserver ce Livre honoré et classifier les sourates selon divers critères : les premières sourates révélées et les suivantes, les sourates révélées nuitamment et celles révélées de jour, celles révélées en été et celles révélées en hiver, celles accompagnées d'un cortège d'anges et celles révélées simplement, celles qui sont elliptiques et celles à vocation explicative, celles qui furent révélées à Al-Juhfah, à Jérusalem, à Tâ'if ou encore à Al-Hudaybiyah. Il s'en fallut de peu pour que chaque sourate possédât un registre spécial traitant de ses versets, la date de sa révélation, les circonstances entourant sa révélation, les prescriptions qu'elle contient, sa part de versets abrogeants et de versets abrogés, les versets explicites et les versets ambigus, les versets généraux et les versets spécifiques. Ils dressèrent également l'inventaire des versets médinois que recèlent les sourates mecquoises et inversement. Ils notèrent les sourates emmenées de la Mecque à Médine et inversement, celles emmenées de la Mecque en Abyssinie, celles révélées à la Mecque mais considérées comme médinoises [8], celles révélées à Médine mais considérées comme mecquoises, celles révélées à la Mecque à propos des habitants de Médine et celles révélées à Médine à propos des habitants de la Mecque, celles parmi les sourates médinoises dont la révélation s'apparente aux sourates mecquoises et inversement... soit plus de vingt catégories qui interdisent à celui qui les méconnaît et ne peut les distinguer de se prononcer à propos du Livre de Dieu le Très-Haut - selon les imâms des sciences du Coran.

Trois étapes pour la révélation mecquoise

Forts de notre connaissance du registre de chaque sourate, la date et l'ordre de sa révélation, nous pouvons répartir les sourates mecquoises selon trois phases distinctes.

1. La toute première phase dans l'histoire de la da`wah comporte les sourates suivantes : Al-`Alaq, Al-Muddaththir, At-Takwîr, Al-A`lâ, Al-Layl, Ash-Sharh, Al-`Âdiyât, At-Takâthur et An-Najm.

Les sourates de cette période sont caractérisées par leur extrême concision, la brièveté des versets, l'harmonie des transitions, la variation du discours entre l'injonction, l'interdiction, l'interrogation et le souhait, le choix des termes, la matérialisation des abstractions, la personnification et l'attribution de mouvements, de vie et de discours à des objets inanimés. Les sourates sont alors autant de scènes évocatrices, de spectacles fantastiques et vivants, inscrits dans un appel à dessein trouvant son chemin vers les coeurs et s'écoulant à l'intérieur des esprits calmant leur orgueil, rectifiant leurs travers grâce aux vérités éclatantes qu'il expose à propos de l'univers et de ses scènes, la création, la résurrection, le commencement et le retour.

Le Noble Coran relate également dans cette phase de courts récits sur les prophètes précédents et les nations passées en guise d'avertissement aux polythéistes et à titre de soutien aux croyants. Il montre également que la religion est une dans ses fondements et ses croyances et que l'islam est un appel général embrassant l'ensemble de l'humanité.

2. La phase mecquoise intermédiaire comporte les sourates `Abasa, At-Tîn, Al-Qâri`ah, Al-Qiyâmah, Al-Mursalât, Al-Balad et Al-Hijr. Les sourates de cette période conservent la brièveté de leurs versets et le rythme des transitions, sauf que certaines sourates commencent à être plus longues, de même que certains versets s'allongent à leur tour. On peut dire que cette phase clarifie la précédente et détaille les questions qui y sont abordées. Pendant la première phase, le Coran aborde en effet la foi, le commencement et la résurrection, la rétribution, la révélation et le jugement, sans entrer dans les détails de ses questions, ni développer un argumentaire. Dans la phase intermédiaire, il passe en revue ces questions clarifiant l'idée sous-jacente, développant les arguments, apportant des démonstrations et citant des preuves historiques, cosmologiques et psychologiques pour appuyer son message et incliner les esprits par la sagesse et la bonne exhortation.

3. La troisième et dernière phase comporte les sourates As-Sâffât, Az-Zukhruf, Ad-Dukhân, Adh-Dhâriyât, Al-Kahf, Ibrâhîm et As-Sajdah. Les sourates et les versets s'y distinguent par leur longueur et l'apparition de quelques lettres disjointes au début de certaines sourates. Le discours s'y adresse à l'humanité entière et non pas seulement aux habitants de la Mecque. On y expose certains sujets relevant du ghayb [9] tels que l'Essence de Dieu, les anges et les dijinns, les prophètes et les saints [10], les miracles et les prodiges. Cette phase illustre également la foi monothéiste dans un nouveau style ; on y rappelle également les vertus de l'obéissance à Dieu et à Son Messager, préparant le terrain aux prescriptions et obligations qui allaient être détaillées à Médine.

Réfutation d'une fausse allégation

Je voudrais insister sur le fait que cette répartition émane d'une appréciation individuelle basée sur les caractéristiques prédominantes et non pas sur des qualités distinctives, car le Coran, que ce soit à la Mecque ou à Médine, du début à la fin, est la Parole de Dieu le Très-Haut le Tout-Puissant. Il sait parfaitement ce qui convient le mieux à chacun et voit parfaitement les besoins de l'audience. Ainsi était-il plus approprié de s'adresser aux habitants de la Mecque avec des versets courts et de les appeler à la foi et à la noblesse des caractères. Puis, Il leur apporta progressivement les preuves et étaya l'idée, tout comme ferait un enseignant pédagogue avec ses élèves en commençant par des sourates courtes, puis moyennes, et ainsi de suite, les instruisant graduellement et leur faisant aimer sa matière.

Cependant, on notera la présence de versets mecquois parmi les versets de certaines sourates médinoises sans pour autant que cela ne se ressente au plan de la cohérence et de l'harmonie. Au contraire, on est même étonné par l'unité du discours, la perfection des jonctions, la beauté et l'harmonie du rythme. Le Coran est ainsi comme un long collier aux perles régulières ou une loi posée dont les principes et les finalités sont fortement articulées.

On peut à loisir choisir une sourate du Coran et parcourir ses versets par la pensée et l'examiner de près par deux fois : comment débute-t-elle ? Comment se termine-t-elle ? Comment ses prémices s'allient-elles à ses conclusions et comment son début renvoie à sa fin ?

En filigrane, on voit par ailleurs dans l'ensemble de la sourate une orientation précise conduisant à une finalité particulière, tout comme le corps possède une structure unie faite de divers organes dont les fonctions sont différentes mais collaborent pour la réalisation d'un même objectif.

Ceci ne montre-t-il pas que l'agencement coranique n'est pas le fait des hommes mais plutôt l'oeuvre de l'Expert et Omniscient ? Vraie est Sa Parole : "Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S'il provenait d'un autre que Dieu, ils y trouveraient certes maintes contradictions !" (Sourate 4, An-Nisâ', Les femmes, verset 82)

Traduit de l'arabe de `Ulûm Ad-Dîn Al-Islâmî (Les sciences de la religion islamique) de Dr. `Abd Allâh Shehâtah, éditions Al-Hay'ah Al-`Âmmah Al-Misriyyah lil-Kitâb, 3ème édition, 1998.

[1] Appel à Dieu.

[2] Sourate 16, Al-Isrâ', verset 88

[3] Il s'agit ici de la Trompe qui marque la fin du monde, puis donne le signal pour la Résurrection.

[4] NdT : " Et ils auront des houris aux yeux, grands et beaux, * pareilles à des perles en coquille.", 56 : 22-23

[5] NdT : "Parmi eux circuleront des garçons éternellement jeunes, * avec des coupes, des aiguières et un verre [rempli] : d'une liqueur de source.", 56 : 17-18

[6] sourate Al-Bayyinah

[7] sourate Az-Zalzalah

[8] Les sourates révélées après l'hégire sont dites médinoises indépendamment du lieu où elles furent révélées.NdT

[9] Al-Ghayb : Tout connaissance inaccessible par la raison humaine.NdT

[10] awliyâ' : pluriel de walî, signifiant littéralement "allié" de Dieu, désigne les hommes exemplaires par leur piété et que Dieu rapproche de Lui. Cette notion ne recoupe pas exactement la notion de saint dans d'autres religions.

Traduit de l'arabe de `Ulûm Ad-Dîn Al-Islâmî (Les sciences de la religion islamique) de Dr. `Abd Allâh Shehâtah, éditions Al-Hay'ah Al-`Âmmah Al-Misriyyah lil-Kitâb, 3ème édition, 1998.

# Posté le samedi 24 mai 2008 17:12

Caractéristiques du Coran mecquois

Dans la caverne de Hirâ', entre les montagnes mecquoises, la révélation commença à être faite au Messager de Dieu - paix et bénédiction de Dieu sur lui - appelant au monothéisme pur et fustigeant l'adoration des idoles. Cette révélation interpela la fitrah [1] de l'homme et le libéra de l'imitation aveugle des aïeux. Elle recommanda les vertus et interdit les vices. Elle attira l'attention des hommes sur l'univers et ce qu'il recèle, le ciel et Celui qui l'a merveilleusement créé, la terre et Celui qui l'a étendue, les montagnes et Celui qui les a établies, les mers et Celui qui les a écoulées... Il attira également le regard vers d'autres signes de l'univers comme la nuit obscure, le jour ensoleillé, la fascinante lune, les étoiles brillantes, les plantes florissantes, les vents, les pluies... Ces courts versets de sourate Al-Ghâshiyah nous interpellent dans ce sens : « Ne considèrent-ils donc pas les chameaux, comment ils ont été créés * et le ciel comment il est élevé, * et les montagnes comment elles sont dressées * et la terre comment elle est nivelée ? * Eh bien, rappelle ! Tu n'es qu'un rappeleur, * et tu n'es pas un dominateur sur eux. » [2].

Citons aussi ces versets de sourate `Abasa : « Que l'homme considère donc sa nourriture : * C'est Nous qui versons l'eau abondante, * puis Nous fendons la terre par fissures * et y faisons pousser grains, * vignobles et légumes, * oliviers et palmiers, * jardins touffus, * fruits et herbages, * pour votre jouissance vous et vos bestiaux. » [3].

La révélation mecquoise et la révélation médinoise ont, chacune, des caractéristiques propres et des signes distinctifs. Bien que la connaissance du caractère mecquois ou médinois des passages du Coran dépende de ce que les compagnons et les successeurs ont transmis, il est des signes et des règles qui permettent de distinguer la révélation mecquoise de la révélation médinoise. Ces signes furent décelés par les savants du passé à travers l'étude minutieuse du Noble Coran.

Parmi les caractéristiques de la révélation mecquoise citons :

1. Chaque sourate où figure le mot kallâ (« non ! ») est mecquoise. Il y a 33 occurrences de ce mot dans le Noble Coran, toutes dans la seconde moitié du Coran. En effet, la seconde moitié du Coran est constituée essentiellement de sourates mecquoises ; sachant que la plupart des mecquois étaient des tyrans, ce mot constituait une menace, une admonestation et un reproche ferme qui leur étaient adressés.

2. Chaque sourate qui contient l'apostrophe « Ô gens ! » et ne contenant pas « Ô vous qui avez cru ! » est une sourate mecquoise.

3. Chaque sourate rapportant les récits des Prophètes et les communautés passées est mecquoise, exception faite de sourate Al-Baqarah.

4. Chaque sourate mentionnant le récit de Adam et Satan est mecquoise, sauf, encore une fois, sourate Al-Baqarah.

5. Chaque sourate débutant par des lettres détachées comme (Alif Lâm Mîm), (Tâ Sîn Mîm), ou (Hâ Mîm), est mecquoise, à l'exception de sourate Al-Baqarah et sourate Âl `Imrân.

6. Chaque sourate comportant une prosternation pendant la récitation est mecquoise.

Ces caractéristiques, avec leurs exceptions mentionnées, constituent des signes certains et invariables.

Autres caractéristiques du Coran mecquois

Il y a des caractéristiques dominantes et des attributs fréquents qui touchent, dans leur ensemble, les champs de l'éloquence et du sens, et qui aident à déterminer le caractère mecquois ou médinois d'un verset.

Parmi les éléments fréquents dans la révélation mecquoise il y a :

Premièrement :

L'interpellation de l'intellect et de la réflexion. La révélation mecquoise attire l'attention sur les preuves manifestes et les signes dans l'univers qui témoignent de l'Unicité de Dieu et de Son Omnipotence.

Par exemple, sourate Qâf est une sourate mecquoise que le Prophète - paix et bénédiction de Dieu sur lui - récitait fréquemment pendant les sermons du vendredi au point que les femmes musulmanes dirent : "Nous n'avons appris sourate Qâf que du sermon du Prophète - paix et bénédiction de Dieu sur lui". Dans cette sourate, Dieu - Exalté Soit-Il - dit : "N'ont-ils donc pas observé le ciel au-dessus d'eux, comment Nous l'avons bâti et embelli ; et comment il est sans fissures ? * Et la terre, Nous l'avons étendue et Nous y avons enfoncé fermement des montagnes et y avons fait pousser toutes sortes de magnifiques couples de [végétaux],* en guise d'appel à la clairvoyance et un rappel pour tout serviteur repentant. * Et Nous avons fait descendre du ciel une eau bénie, avec laquelle Nous avons fait pousser des jardins et le grain qu'on moissonne, * ainsi que les hauts palmiers aux régimes superposés, * comme subsistance pour les serviteurs. Et par elle (l'eau) Nous avons redonné la vie à une contrée morte. Ainsi se fera la résurrection" [4].

Ces versets constituent un des modèles de da`wah [5] récurrents dans le Noble Coran. Ils interpellent l'homme et le renégat avec une telle force pour lui dire : "Tu n'as pas été créé sans but et tu ne seras pas laissé sans obligation à observer. Cet univers a nécessairement un Créateur et ce monde a forcément une finalité. Il faut après la mort une résurrection, un jugement et une rétribution. Et l'issue sera soit un Paradis soit un Enfer".

Dieu - Exalté et Glorifié Soit-Il - dit : "Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but, et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? › * Que soit exalté Allah, le vrai Souverain ! Point de divinité en dehors de Lui, le Seigneur du Très sublime !" [6].

Deuxièmement :

Le Coran mena une violente guerre contre le polythéisme (shirk), l'idolâtrie (wathaniyyah) et les prétextes qu'avançaient les mecquois pour persister dans l'adoration des idoles. Le Coran ne leur laissa la moindre issue et leur fournit les preuves probantes de leur erreur. Il recourut à l'arbitrage des sens, en donnant des exemples, ô combien éloquents, qui montrent la perte des idoles, prouvent qu'elles ne peuvent ni faire du bien, ni nuire, et qu'elles ne peuvent rien pour elles-mêmes, ni à plus forte raison, pour autrui. Et il est bien connu que l'on ne peut donner à autrui ce dont on est soi-même démuni.

Il y a dans le récit d'Abraham une leçon à tirer et un modèle invitant à déraciner cette habitude déviante. Ainsi, ce dernier détruisit les idoles adorées en dehors de Dieu, puis dit à son peuple : "[...] ‹Adorez-vous donc, en dehors d'Allah, ce qui ne saurait en rien vous être utile ni vous nuire non plus. * Fi de vous et de ce que vous adorez en dehors d'Allah ! Ne raisonnez-vous pas ?›" [7].

Lorsque les mecquois s'entêtèrent dans leur égarement, prétextant qu'ils suivaient la voie de leurs aïeux, le Coran leur reprocha avec force de faire chuter la dignité de l'être humain dans ce gouffre de l'humiliation pour des pierres et des idoles. Il montra la sottise de leurs illusions et celles de leurs aïeux qui négligèrent l'étude des signes qu'il y a en eux et des signes divins qui comblent les horizons. Il enlaidit à leurs yeux l'immobilisme qui les poussait à l'imitation aveugle de leurs aïeux : "Et si leurs aïeux n'avez point d'entendement et n'étaient guère guidé...".

En outre, le Coran débattit avec eux quant à leurs croyances déviantes ; croyances qui se traduisirent par cette idolâtrie, l'ingratitude envers Dieu, le refus des prophéties, et la négation de la résurrection, la responsabilité et la rétribution.

Troisièmement :

Le Coran aborda les mauvaises coutumes des mecquois. Il les appela à les délaisser, en leur montrant leurs effets néfastes sur l'individu et la société. Il leur interdit le meurtre, l'effusion du sang, l'enterrement des filles à leur naissance, la violation des honneurs, et l'usurpation de l'argent des orphelins.

A l'opposé, il loua les pieux qui se préservent de ces vices. Citons à cet égard ce verset de sourate Al-Furqân qui décrit les qualités des serviteurs du Tout Miséricordieux : "Et ceux qui n'invoquent pas d'autre divinité avec Allah et ne tuent pas la vie qu'Allah a rendue sacrée, sauf à bon droit ; qui ne commettent pas de fornication - car quiconque fait cela encourra une punition." [8].

Quatrièmement :

Le Coran exposa magnifiquement aux mecquois les fondements de l'éthique et les droits de la société. Il leur rendit détestables la mécréance, la perversion, la désobéissance à Dieu, l'anarchie, l'ignorance, le mauvais caractère, la dureté du coeur et la rudesse dans les paroles. Il leur fit aimer la foi, l'obéissance à Dieu, l'ordre, la science, l'amour, la miséricorde, la sincérité, le respect d'autrui, la gratitude envers les parents, la générosité à l'égard des voisins, la purification du coeur et la pureté de la langue...

Cinquièmement :

Le Coran relata aux mecquois les récits des Messagers, des Prophètes et l'histoire des peuples précédents. Il y a en ces récits d'éloquentes exhortations et des leçons bénéfiques montrant les règles divines que Dieu établit dans l'univers pour faire périr les mécréants et les tyrans et pour donner la victoire aux croyants et les bienfaisants. La victoire des croyants finit par arriver aussi longtemps qu'ils défendent la vérité et soutiennent la foi.

Sixièmement :

Le Coran s'adressa aux mecquois en des termes concis. C'est ainsi que les versets des sourates mecquoises furent courts. Les mecquois étaient, en effet, réputés pour leur éloquence. Ils étaient de grands orateurs, et la façon la plus appropriée pour les interpeller était d'user de mots forts et concis, plutôt que de recourir à de longs discours. Aussi la Haute Sagesse divine veilla-t-elle à ce que le progrès et l'élévation dans l'éducation des peuples et des individus se fassent de façon graduelle, en hiérarchisant les priorités. Nul doute que le credo et l'éthique sont plus importants que les différentes formes d'½uvres de culte et les transactions complexes : les premiers constituent, en effet, les fondements des seconds. C'est pour cela que la révélation mecquoise les aborda de façon fréquente et leur accorda le plus grand soin. Le Noble Coran commença par les fondements les plus prioritaires avant d'arriver aux questions de moindre importance, et suivit la méthodologie générale des Messages destinés à guider l'être humain, à l'honorer et à raffiner ses manières.

Dieu - Exalté Soit-Il - dit : "Nous ne t'avons envoyé qu'en miséricorde pour les mondes". Et le Messager de Dieu - paix et bénédiction de Dieu sur lui - dit : "Je n'ai été envoyé que pour parachever les nobles manières".

Traduit de l'arabe de `Ulûm Ad-Dîn Al-Islâmî (Les sciences de la religion islamique) de Dr. `Abd Allâh Shehâtah, éditions Al-Hay'ah Al-`Âmmah Al-Misriyyah lil-Kitâb, 3ème édition, 1998.
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# Posté le samedi 24 mai 2008 16:56

Modifié le lundi 26 mai 2008 12:03

Le Coran à Médine

Le Coran à Médine
Le Prophète - paix et bénédictions de Dieu sur lui - émigra à Médine. Les Médinois accueillirent avec enthousiasme et hospitalité ce Loyal Messager. Paix et Islâm se propagèrent à Médine.

Les musulmans médinois furent appelés Ansâr [1] alors que les musulmans ayant quitté la Mecque pour s'installer à Médine, furent qualifiés de Muhâjirûn [2]. Le Prophète - paix et bénédictions de Dieu sur lui - unit solennellement les Muhâjirûn et les Ansâr par un lien de fraternité. Il établit les fondements du nouvel Etat et s'engagea dans une réconciliation avec les juifs stipulant la liberté de foi et une défense commune de Médine. Le Prophète - paix et bénédictions de Dieu sur lui - voulait ainsi assurer la sécurité des musulmans à Médine afin qu'il puisse propager l'Islam en dehors de cette ville.

Le Prophète - paix et bénédictions de Dieu sur lui - envoya des expéditions, dirigea les batailles et fut victorieux dans la plupart d'entre elles. Le nouvel ordre à Médine appella à la distinction de la révélation médinoise et à son harmonie avec la nouvelle société. La révélation faite au Prophète expliqua aux musulmans les fondements de leur religion, appela les gens à adhérer à une foi saine et accompagna le cortège de la prédication islamique d'un flambeau de lumière et de guidance.

Les différents groupes religieux à Médine

Suite à l'avènement et l'expansion de l'Islam à Médine, la société évolua, comptant principalement trois groupes religieux : les musulmans, les juifs et les hypocrites (munâfiqûn).

1. Les musulmans reçurent des versets médinois traitant de questions pointilleuses de la Législation islamique, des détails des jugements légaux, des divers types de lois - civiles, pénales, militaires, sociales, internationales -, des droits individuels, ainsi que des diverses oeuvres cultuelles et transactions.

Cela apparaît de façon manifeste dans des sourates comme Al-Baqarah, An-Nisâ', Al-Anfâl et Al-Hujurât.

2. Pour ce qui est des juifs, les sourates médinoises débattirent avec eux. Elles leur rappelèrent leur passé, leur falsification de la Parole de Dieu, leur transgression du jour du Shabat, les assassinats des Prophètes qu'ils commirent, leur adoration du veau d'or, leur amour pour la vie matérialiste, et leur grand attachement à la vie. Dieu - Exalté Soit-Il - dit à leur égard : "Et certes tu les trouveras les plus attachés à la vie (d'ici-bas)..." [3].

Par ailleurs, les versets médinois décrivirent l'état des juifs du temps de Moïse, ainsi que leur état après lui, du temps de Jésus et à l'époque de Muhammad - paix et bénédiction de Dieu sur lui. Ils montrèrent que leur comportement fut le même à ces différentes époques et que les nouvelles générations avaient hérité les viles manières de leurs aïeux. C'est pour cela que Dieu leur adressa, tous, un discours unique : "...Dis : "Pourquoi donc avez-vous tué auparavant les prophètes d'Allah, si vous étiez croyants ?" [4].

3. Quant aux hypocrites, le Coran leur fit face, dévoila au grand jour les tréfonds de leurs consciences, et révéla leurs viles intentions si bien qu'une sourate portant leur nom fut révélée. Elle décrivit leur hypocrisie et fit la lumière sur leur tromperie et leur mauvais caractère. Dieu - Exalté Soit-Il - dit : "Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent : "Nous attestons que tu es certes le Messager d'Allah" ; Allah sait que tu es vraiment Son messager ; et Allah atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs." [5].

En outre, dans sourate Al-Baqarah Dieu décrivit les musulmans dans quatre versets, puis parla des mécréants dans deux versets alors que treize versets furent consacrés aux hypocrites. Par le biais de ces treize versets, il fit la lumière sur leur tromperie et leur dissimulation dans les chemins et les allées. Cela est exprimé dans la Parole de Dieu - Exalté Soit-Il : "Parmi les gens, il y a ceux qui disent : "Nous croyons en Allah et au Jour dernier !" tandis qu'en fait, ils n'y croient point * Ils cherchent à tromper Allah et les croyants ; mais ils ne trompent qu'eux-mêmes, et ils ne s'en rendent pas compte." [6].

Par ailleurs, sourate At-Tawbah fut révélée à Médine. Cette sourate fut également appelée Al-Fâdihah [7], car elle dévoila les hypocrites au grand jour et multiplia les assauts contre eux en montrant qu'ils trahissent les engagements, s'absentent du jihâd, espèrent le mal pour les musulmans, et avancent des prétextes mensongers dans l'espoir de séjourner à Médine et par crainte de participer aux batailles, surtout aux moments difficiles et sous la chaleur d'été. Dieu - Exalté Soit-Il - dit : "Ceux qui ont été laissés à l'arrière se sont réjouis de pouvoir, rester chez eux à l'arrière du Messager d'Allah, ils ont répugné à lutter par leurs biens et leurs personnes dans le sentier d'Allah, et ont dit : "Ne partez pas au combat pendant cette chaleur !" Dis : "Le feu de l'Enfer est plus intense en chaleur." - S'ils comprenaient !" [8].

Normes des sourates médinoises

À partir de là, il apparait clairement que la révélation médinoise a des normes rigoureuses et invariables. Elles sont comme suit :

1. Chaque sourate renfermant des détails relatifs aux sanctions pénales, aux obligations, aux droits, aux lois civiles, sociales ou internationales, est une sourate médinoise.

2. Chaque sourate autorisant le jihâd et traitant de ses prescriptions juridiques est médinoise.

3. Chaque sourate mentionnant les hypocrites est médinoise.

4. Chaque sourate débattant intensément avec les gens du Livre et les appelant à délaisser l'immodération dans la religion, est médinoise.

Les signes dominants qui caractèrisent la révélation médinoise sont :

1. La longueur de la sourate, et certains de ses versets, le recours aux hyperboles et le style législatif paisible.

2. Le détail des preuves et arguments soutenant les vérités religieuses.

Quelques exemples de sourates médinoises

Il est possible de sélectionner certaines sourates médinoises afin de passer en revue les thèmes principaux que recèlent les principes et les nobles objectifs de ces sourates.

Développement des thèmes de sourate Al-Baqarah

1. Premier objectif :

Montrer les catégories des gens selon le Coran : les croyants, les mécréants et les hypocrites (versets 2 à 20).

2. Deuxième objectif :

Expliciter les fondements de la religion et présenter la création d'Adam, paix sur lui (versets 21 à 43).

3. Troisième objectif :

Parmi les objectifs de sourate Al-Baqarah figure l'invitation, en particulier, des Gens du Livre afin qu'ils délaissent leurs fausses croyances et qu'ils adhèrent à cette religion de la vérité. Cette invitation commence par le verset : "O enfants d'Israël, rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés. Si vous tenez vos engagements vis-à-vis de Moi, Je tiendrai les miens. Et c'est Moi que vous devez redouter". (versets 40 à 176).

4. Quatrième objectif :

Présenter, de façon détaillée, des éléments de la législation islamique et ce, à partir du verset 177 : "La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant [...]".

La seconde moitié de cette sourate aborde des éléments relatifs à la législation, les oeuvres de culte, les transactions et les jugements légaux nécessaires dès lors que les musulmans constituèrent un groupe adhérant à l'Islam et engagé à l'application de ses principes.

En effet, la sourate évoque dans sa seconde moitié le talion, les jugements légaux relatifs au meurtre, au jeûne, au testament, à la séclusion à la mosquée (I`tikâf), au grand pèlerinage (Al-Hajj), au petit pèlerinage Al-`Umrah, au combat, aux jeux de hasard, au vin, aux orphelins, et le jugement légal concernant l'alliance par le mariage avec les polythéistes. La sourate aborde également les jugements légaux relatifs aux menstrues de la femme, à la purification rituelle des femmes, au divorce (le Talâq et le Khol`), au délai de viduité et à l'allaitement. En outre, la sourate traite de la foi et de l'expiation du serment manqué. La sourate évoque également la dépense dans la voie de Dieu, l'usure, les jugements concernant la vente, et montre comment contracter de façon sûre les dettes par le biais de la consignation écrite et de la présence de témoins.

Cette partie débute avec le verset 178 "O vous qui avez cru ! Le talion au sujet des tués vous a été prescrit" et s'étend jusqu'à la fin de la sourate quasiment. La présentation de ces prescriptions est accompagnée des arguments religieux incitant à leur respect et dissuadant de leur transgression, ainsi que des récits de peuples passés, des directives de guidance, des promesses pour les croyants et des menaces pour les mécréants.

Cette sourate se termine par l'évocation de ceux qui ont adhéré à ce message divin dont ceux-ci sont les objectifs et montre ce qui leur advient dans ce bas-monde et dans l'Au-delà.

Les principes que renferme sourate An-Nisâ'

De manière synthétique, les principes et les objectifs de sourate An-Nisâ' - une autre sourate médinoise - sont :

1. Annoncer l'égalité des êtres humains et fonder une société basée sur ce principe.

2. Établir les droits de la femme et ceux de l'orphelin. Elle établit par ailleurs les droits des indigents (sufahâ') [9].

3. Présenter les lois de l'héritage.

4. Expliciter les lois relatives à la vie conjugale.

5. Insister sur la solidarité sociale, sous la bannière du monothéisme et des nobles manières.

6. Évoquer les fondements du gouvernement islamique.

7. Mettre en garde contre les hypocrites, les mécréants et les ennemis qui attendent un revers de fortune pour les musulmans et qui les combattent matérielement et psychologiquement.

8. Montrer que l'envoi de Messagers est régi par la Volonté divine, et que Muhammad n'est pas une innovation parmi les messagers.

9. Établir la preuve contre ceux qui croient à tort en la trinité.

10. Montrer que le message du Prophète Muhammad s'adresse à toute l'humanité.

En somme, nous voyons que le Coran à Médine dispensa aux musulmans une éducation seigneuriale. Il établit les fondements solides de la communauté musulmane dans son organisation, son éthique, son credo, son culte et les affaires de la vie, si bien que cette communauté devint véritablement, la meilleure des communautés que Dieu fit surgir pour l'humanité. Véridique est la Parole de Dieu : "Nous révélons dans le Coran, une guérison et une miséricorde pour les croyants..." [10].

Traduit de l'arabe de `Ulûm Ad-Dîn Al-Islâmî (Les sciences de la religion islamique) de Dr. `Abd Allâh Shehâtah, éditions Al-Hay'ah Al-`Âmmah Al-Misriyyah lil-Kitâb, 3ème édition, 1998

[1] Al-Ansâr : les Soutiens ou les Auxiliaires.

[2] Al-Muhâjirûn : les Emigrés.

[3] Sourate 2, Al-Baqarah, La génisse, verset 96.

[4] Sourate 2, Al-Baqarah, La génisse, verset 91.

[5] Sourate 63, Al-Munâfiqûn, Les hypocrites, verset 1.

[6] Sourate 2, Al-Baqarah, La génisse, versets 8 et 9.

[7] Al-Fâdihah : Littéralement "celle qui dévoile au grand jour".

[8] Sourate 9, At-Tawbah, Le repentir, verset 81.

[9] Ntd : Sourate 3, Âl `Imrân, La famille d'Amram, verset 5 ; "Et ne confiez pas aux faibles d'esprit vos biens dont Allah a fait votre subsistance. Mais prélevez-en, pour eux, nourriture et vêtement ; et parlez-leur convenablement.

[10] Sourate 17, Al-Isrâ', Le voyage nocturne,
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# Posté le samedi 24 mai 2008 16:49

La descente du Coran

Les versets du Noble Coran indiquent qu'il est descendu en une nuit bénie du mois béni de ramadân, Laylat Al-Qadr (la Nuit du Destin et de l'Honneur). Le Très-Haut dit : "Le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu [...]" [1] Il dit également : "Nous l'avons certes, fait descendre pendant la nuit d'Al-Qadr." [2] Il dit aussi - Exalté soit-Il : : "Nous l'avons fait descendre en une nuit bénie, Nous sommes en vérité Celui Qui avertit" [3]

Ces versets dans leur ensemble signifient que le Noble Coran est descendu sur le fidèle Prophète pendant le mois de ramadân, au cours d'une nuit précise, Laylat Al-Qadr, cette nuit est privilégiée et honorée si bien qu'elle vaut mieux que mille mois (d'adoration et de prières).

On pourrait se demander : La réalité observée est que le Noble Coran est descendu sur le fidèle Prophète pendant les vingt-trois années allant du début de la mission prophétique jusqu'à la fin de sa noble vie. Le Très-Haut dit en effet : "(Nous avons fait descendre) un Coran que Nous avons fragmenté, pour que tu le lises lentement aux gens. Et Nous l'avons fait descendre graduellement." [4] Donc, le Coran n'est pas descendu en une nuit, mais plutôt en vingt-trois ans. Comment concilier le sens des premiers versets avec celui de ce dernier verset ?

Les savants ont trois opinions à cet égard :

1. On entend par la descente du Coran pendant Laylat Al-Qadr le début de sa révélation, de l'usage courant consistant à nommer une chose par son début le considérant comme la fondation de cet édifice magnifique.

Donc, le début de la descente du Coran eut lieu pendant Laylat Al-Qadr puis il continua à être révélé de manière fragmentaire selon les événements et les circonstances. Tel est l'avis d'Ash-Sha`bî qui interpréta la parole du Très-Haut : "Nous l'avons certes, fait descendre pendant la nuit d'Al-Qadr." par : la révélation du Noble Coran débuta pendant Laylat Al-Qadr, puis se poursuivit pendant vingt-trois ans conformément à la parole du Très-Haut : "(Nous avons fait descendre) un Coran que Nous avons fragmenté, pour que tu le lises lentement aux gens. Et Nous l'avons fait descendre graduellement."

2. Le Coran est descendu au ciel inférieur (as-samâ' ad-dunyâ) pendant vingt-trois nuits d'Al-Qadr successives, chacune d'elles comportant la portion prévue par Dieu pour l'année suivante, laquelle devait descendre sur le Prophète - paix et bénédictions sur lui - graduellement au cours de l'année.

3. Le Coran est descendu au ciel inférieur en une fois pendant Laylat Al-Qadr, puis il est descendu au Prophète graduellement en vingt-trois ans.

La troisième opinion est celle de la majorité des savants et c'est l'opinion qui nous semble la plus juste étant donné qu'elle allie le sens des versets et les narrations authentiques établissant la révélation du Coran tout au long de la mission prophétique.

Les tenants de cette opinion pensent que le Noble Coran a connu trois descentes : La descente vers la Table Gardée. Le Très-Haut dit : "Mais c'est plutôt un Coran glorifié préservé dans une Table." [5]
Le Coran descendit vers cette Table en une fois et y fut inscrit ; nous apportons foi en cette inscription et nous en remettons à Dieu - Exalté soit-Il - quant à sa réalité et son sens divin.

La descente depuis la Table Gardée vers la Maison de la Gloire au ciel inférieur, ce qui est exprimé dans la parole du Très-Haut : "Nous l'avons certes, fait descendre pendant la Nuit d'Al-Qadr."

La descente du Noble Coran par les soins de Jibrîl le fidèle (l'ange Gabriel) de la Maison de la Gloire au ciel inférieur vers le Messager d'Allâh - paix et bénédictions sur lui - tout au long de sa mission prophétique, ce qui est exprimé dans Sa parole : "et l'Esprit fidèle est descendu avec cela sur ton c½ur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs, en une langue arabe très claire." [6]

La sagesse justifiant cette descente est de souligner le rang du Coran et celui du prophète qui l'a reçu, en informant les habitants des sept cieux que ceci est le dernier Livre révélé au Sceau des prophètes pour la meilleure nation, en le descendant deux fois, une fois en entier et une fois réparti, contrairement aux livres précédents qui avaient été révélés en une fois.

Certains ont dit que la descente au ciel inférieur est pour mieux attiser la langueur du Prophète - paix et bénédictions sur lui - à l'instar de ce que dit le poète :
La langueur est à son paroxysme lorsque les tentes se rapprochent des tentes (du bien-aimé)

Les hadîths authentiques

Diverses traditions authentiques ont explicité les descentes du Coran. Al-Qurtubî a également rapporté le consensus des savants concernant la descente du Coran en une fois de la Table Gardée vers la Maison de la Gloire au ciel inférieur comme indiqué dans les narrations suivantes.

1. Al-Hâkim, Al-Bayhaqî et d'autres ont rapporté selon Mansûr, selon Sa`îd Ibn Jubayr, qu'Ibn `Abbâs dit : "Le Coran est descendu en une fois vers le ciel inférieur, où il fut réparti. Ensuite, Allâh le faisait descendre sur Son Messager - paix et bénédictions sur lui - progressivement."

2. Al-Hâkim a rapporté via une chaîne de narration indiquée selon Sa`îd Ibn Jubayr qu'Ibn `Abbâs dit : "Le Coran fut séparé du dhikr et fut déposé dans la Maison de la Gloire au ciel inférieur, puis Jibrîl le descendit au fil de la révélation vers le Prophète - paix et bénédictions sur lui."

3. Ibn Mardaweih et Al-Bayhaqî ont rapporté d'après Ibn `Abbâs qu'il fut interrogé par `Atiyyah Ibn Al-Aswad : "Je suis un peu dérouté par la parole du Très Haut : 'le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu [...]' et 'Nous l'avons certes, fait descendre pendant la nuit d'Al-Qadr. 3. alors que le Coran fut révélé aussi bien pendant les mois de Shawwâl, Dhû Al-Qi`dah, Dhû Al-Hijjah, Muharram, Safar et Rabî`". Ibn `Abbâs répondit : "Il est descendu en une fois au cours du mois de Ramadân pendant laylat al-qadr, puis il est descendu par fragments au fil des mois et des jours."

Ces narrations sont authentiques comme le rappelle As-Suyûtî. Bien qu'elles émanent d'Ibn `Abbâs (mawqûfah) [7], leur statut est assimilé à celui des narrations marfû`ah attribuées au Messager d'Allâh - paix et bénédictions sur lui.

La raison de la fragmentation du Coran

On pourrait s'interroger sur la sagesse qui justifie la répartition en plusieurs fois de la révélation du Coran au Prophète - paix et bénédictions sur lui.

La sagesse réside dans le fait que le Coran provient du monde céleste de l'Inaccessible (`âlam al-ghayb) pourvu d'une force et d'une intensité à la mesure de sa magnificence. `Â'ishah - qu'Allâh l'agrée - dit : "J'ai vu le Prophète recevoir la révélation des jours où il faisait très froid, la sueur perlait alors sur son front."

Ainsi, de par la divine prévenance envers le Prophète, la descente du Coran s'étala sur la durée de sa noble mission prophétique si bien qu'elle apaisait son coeur et le raffermissait. Le Coran devint ainsi une provision continue procédant progressivement à l'éducation de la communauté musulmane en puissance tant par les préceptes que par l'action, et se renouvelant au fur et à mesure des événements. Chaque fois qu'une chose nouvelle survenait, la portion correspondante du Coran était révélée et Dieu exposait les prescriptions qui convenaient. Le Très-Haut dit : "Et ceux qui ne croient pas disent : "Pourquoi n'a-t-on pas fait descendre sur lui le Coran en une seule fois ?" Nous l'avons révélé ainsi pour raffermir ton c½ur. Et Nous l'avons récité soigneusement.§ Ils ne t'apporteront aucune parabole, sans que Nous ne t'apportions la vérité avec la meilleure interprétation." [8]

Enfin, l'affaire est une question de foi et de reconnaissance que le Coran est le Livre de Dieu descendu sur Son Prophète - paix et bénédictions sur lui -, sa lecture est un acte de culte, il représente en lui-même un défi pour les Arabes, et est préservé par Dieu, le Seigneur de l'Univers. "Et c'est certainement un Coran noble, § dans un Livre bien gardé § que seuls les purifiés touchent ; § il est une révélation de la part du Seigneur de l'Univers." [9]


Traduit de l'arabe de `Ulûm Ad-Dîn Al-Islâmî (Les sciences de la religion islamique) de Dr. `Abd Allâh Shehâtah, éditions Al-Hay'ah Al-`Âmmah Al-Misriyyah lil-Kitâb, 3ème édition, 1998.

[1] Sourate 2, Al-Baqarah, verset 185.

[2] Sourate 97, Al-Qadr, verset 1.

[3] Sourate 44, Ad-Dukhân, verset 3.

[4] Sourate 17, Al-Isrâ', verset 106.

[5] Sourate 85, Al-Burûj, verset 21.

[6] Sourate 26, Ash-Shu`arâ', versets 193 à 195.

[7] La narrations dites mawqûfah sont celles qui proviennent d'un compagnon sans être explicitement attribuées au Prophète - paix et bénédictions sur lui.

[8] Sourate 25, Al-Furqân, Le Critère, versets 32 et 33.

[9] Sourate 56, Al-Wâqi`ah, versets 77-80

# Posté le samedi 24 mai 2008 10:05